lundi 22 janvier 2007

Bové à la campagne


L'affaire était bien montée. Après l'échec du double consensus, José avait mis une double condition à son entrée en campagne : le retrait des candidatures de Marie-George et d'Olivier, et d'abord une "grande" dynamique de soutien. Il faut dire que José avait mis la barre assez bas : 10.000 signatures devait suffire à faire la démonstration d'un élan sans précédent. Le ban et l'arrière ban de l'antilibéralisme goût nature avait été rameuté vite fait bien fait, avec il faut le dire, le coup de main bienveillant des médias, notamment de Denisot sur Canal qui s'extasiait le 8 janvier sur « ce qui est en train de se passer autour de José Bové ».

24.930 clics et quelques hourras montreuillois plus tard, notre ami José va pouvoir enfin goûter le charme bucolique de la campagne. Dans une réunion épurée des militants qui avaient, ce week-end là, choisis d'aller tracter aux portes des grande surfaces ou débattre au pied des cités, tout devenait possible comme dirait Nicolas. Désigné par acclamation comme au bon vieux temps des congrès bolchéviques, José va pouvoir accomplir le rêve de Salesse : faire la preuve dans cette campagne, de sa « capacité de nuisance ».

Oubliées au passage les promesses de ne pas rajouter de la division à la division. Oubliés les mois de débats qui avaient vu sa candidature rapidement écartée par l'immense majorité des militants des collectifs. Oubliés les dizaines de milliers de militants, d'hommes et de femmes de gauche qui sont d'ores et déjà impliqués dans une campagne. Ce ne sont pas des détails qui arrêteront l'homme qui va bouleverser la gauche.

Nous échangerons dans quelques jours dans mon collectif. Il y aura sans doute un peu de colère et d'amertume, mais dans l'ensemble, on va bien rigoler.

Et d'ici là, j'irais me faire un petit concert au Zénith.

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