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dimanche 18 février 2007

Michel, on fraie ?

Il y a quelques jours, c'était avant d'être re-papa, je m'étais arrêté sur un entretien de Michel Onfray avec Philipe Raynaud dans le Nouvel Obs.

Un peu hypocritement, le billet se terminait par un "ceci dit" où je m'invitais à lire Onfray avant d'en dire plus de mal. Quelques commentaires m'indiquèrent illico les bonnes feuilles des bonnes oeuvres du philosophe. Mais je suis un peu fainéant et les récentes journées m'ont tenu éloigné de la Fnac.

Heureusement, Michel Onfray vient de me rendre un fier service qui m'évitera sans doute définitevement de transpirer sur sa litérature. J'ai, visiblement comme lui, la rancune assez tenace et je suis, comme lui, toujours près à me livrer aux plaisirs de l'aveuglement.

- "Mais qu'est ce qui te prend Michel ?"

C'est sans doute ce qu'a du lui dire José Bové qui voudrait continuer à bichonner ses amis "communistes unitaires", lorqu'il a découvert le billet pondu par le bouillant philosophe sur le blog que lui procure l'inévitable Nouvel Obs.

- "Ben je sais pas, je nettoyais mon anti-communisme primaire et le coup est parti tout seul."

Faut dire que Michel n'y est pas allé de main morte pour réduire en purée ce repaire de staliniens, d'antisémites, de menteurs et de crétins qu'est le PCF. Le discours est très argumenté et visiblement documenté. Les arguments de générations de glaviotteurs de droite et d'extrème droite sont mis au service de la démonstration d'Onfray. C'est beau comme du Griotteray. Alors Michel, on fraye ?

Un exposé en forme de leçon à Maurice, ce "pauvre Maurice", "dévôt de la religion communiste", ex-ajusteur et militant : un crétin en quelque sorte.

Quel con ce Maurice quand même. Et tu vas voir qu'il n'aura pas compris la leçon et qu'il va voter Buffet quand même.

lundi 29 janvier 2007

Michel Onfray "gogo"

J'avoue avoir été quelque peu étonné des récents propos de Michel Onfray, dans une interview croisée avec Philippe Raynaud parue dans le nouvel observateur du 25 janvier et intitulée : « A quoi sert l'extrême gauche ? ».

Le philosophe s'y définit comme « gaullo-gauchiste » : un « gogo » en quelque sorte. Qu'est ce à dire ? La branche politique qui manquait à la bourgeoisie bohème ? Le mystère se dissipe malheureusement trop rapidement : « Je défends la Constitution de 1958 » annonce-t-il. Finalement, ce qui manquerait à l'antilibéralisme de gauche, c'est une figure, une incarnation du désir politique. Les forces de transformation sociale seraient entravées dans leur quête du pouvoir par une sorte de « pudeur libertaire » qui condamnerait d'emblée le « je », qui interdirait toute émergence d'une individualité salvatrice, d'un leader conquérant. Onfray avance alors une idée neuve : la présidentielle, c'est « la rencontre d'un homme et d'un peuple ». Les mauvaises langues diront que c'est bien utile pour éviter de chercher du côté des femmes. Ils pourraient en conclure qu'Onfray, tout au décryptage de l'inconscient antilibéral, laisse le sien baguenauder dangereusement : une belle paire de moustaches, cela ce voit de loin et c'est bien mieux pour fédérer. Mais là n'est évidemment pas ce qui retiens l'attention, j'y reviendrais.

Onfray avait prévenu d'emblée : « On peut donc être, ce qui est mon cas, antilibéral et défenseur du capitalisme ». Selon lui, le véritable ennemi, ce sont les « microfascismes ». Micro, donc pas bien lourds, mais fascistes tout de même. Pour ceux qui ne suivent pas, subir un « microfascisme », c'est pas exemple, ne pas avoir de logement, de travail,... Rien à voir donc avec le capitalisme.

Face aux « microfascismes », point n'est donc besoin de macrostructures, d'organisations collectives, en un mot de partis. La rébellion intelligente se fera bien sûr à coup de « microrésistances » pour une meilleure flexibilité dans le combat, un plus « d'agilité » dirait Ségolène Royale.

Défendre le capitalisme, quête du leader maximo, flexibilité, discours du « pragmatisme » contre l'idéologie... : une tonalité qu'on attendait pas chez quelqu'un qui depuis plusieurs mois, n'hésite pas à prendre part, avec le retentissement nécessaire, au débat de l'antilibéralisme et des présidentielles.

Je n'ai jamais lu Onfray, mais je m'en faisais une idée, disons agréable. Celle d'un philosophe que les classes dominantes ne seraient pas encore parvenus à dresser comme chien de garde. Avec toutefois une petite note de méfiance, que son propos vient de renforcer et que j'espère dissiper en me décidant à le lire.

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