mardi 16 janvier 2007

Médias : discrimination négative

Les principaux médias d'information semblent ne rien vouloir comprendre ni apprendre. Au delà des ''mea culpa'' de principe prononcés du bout des lèvres après le marketing actif dont ils ont fait preuve pendant la campagne du référendum, ce début de campagne démontre un certain esprit de continuité. Les chiffres du CSA sont éloquents : au mois de décembre, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy auront cumulé à eux seuls plus de la moitié du temps d'antenne des journaux télévisés des 3 principales chaînes hertziennes. Un matraquage qui prend parfois des allures de caricature : sur BFM, le couple SaRoyale/RoyKosy aura bénéficié de 12 heures de temps de parole (sur les 24 du mois de décembre) quand Marie-George Buffet n’aura eu droit qu’à... une minute. Cette bipolarisation intolérable du débat public ne semble pas devoir émouvoir les dirigeants de ces grands médias : s'appuyant sur la formulation ambiguë du CSA qui appelle à un « traitement équitable » des candidats, ils s'approprient le droit de distribuer les temps d'antenne pour fabriquer les scénarios qu'ils ont imaginé pour un débat public d'ampleur et d'importance considérables. Mais si la gauche populaire et antilibérale ne doit pas abandonner cette lutte pour que d'autres voix puissent se faire entendre sur les plateaux de télé, notre responsabilité est aussi de construire les outils médiatiques qui peuvent aider au pluralisme de ce débat. Alors que les commentateurs et sondeurs s'interrogent sur les rebondissements people que cette campagne réserve, c'est bien, comme pour le référendum, l'irruption citoyenne dans le débat qui pourrait créer la surprise.

Aucun commentaire:

Mes points de vue comme élu chellois

Publications et divers textes